Sud Actu / Juin 2012

Article de Marc Bastide p. 7 :

http://www.noir.sudactu.com/

 

Midi Libre / Décembre 2011

Elle a lancé une ligne de vêtements pour la poupée Blythe

CAMILLE-SOLVEIG FOL
15/12/2011, 10 h 15 | Mis à jour le 15/12/2011, 10 h 18
Philomène de Crozefon a bâti, pour ses protégées, une véritable "maison idéale, lumineuse et ultra-meublée".
Philomène de Crozefon a bâti, pour ses protégées, une véritable "maison idéale, lumineuse et ultra-meublée". (DAVID CRESPIN)

En jouant les couturières, la Montpelliéraine a lancé sa ligne de vêtements de poupées de collection et accessoires. En vente directe de la Japan expo, à Paris, et sur le net.

Philomène de Crozefon "aime les jouets miniatures. Depuis toujours." Doigts agiles, minutieuse, patiente, cette native de La Rochelle, qui a grandi dans le Béarn, bricole depuis tout temps. Elle répare les mécaniques, construit des éléments manquants, colle, crochète, imagine. Mais voici cinq ans, juste après son installation à Montpellier, Philomène a découvert la Blythe. Et, depuis, son passe-temps d’enfant est devenu "une véritable obsession" d’adulte.

Sous le charme de la "poupée vintage hyper disproportionnée", Philomène s’est mise à lui coudre une garde-robe unique. Avec des ensembles jupe plissée, chemise à jabot, chaussette montante ; pantalon bouffant, blouson écossais, bonnet au crochet ; short et marcel design... Des modèles sur-mesure, aux délicates finitions, qui se vendent désormais à toutes les Blythe mama. Ces joueuses "collectionneuses, de 30 ans et plus qui passent commande des États-Unis ou du Japon".

L'engrenage de la création

Dans un rire, la jeune femme, qui note avoir été un temps rétive à la couture parce que sa mère en faisait trop, s’amuse de s’être laissé prendre dans l’engrenage de la création. Car, même si la fabrication de vêtements pour Blythe "ne poura jamais me faire vivre, je peux presque la compter pour un mi-temps". Une respiration. La seule condition est de tenir le rythme, en ligne, avec sa marque Lola Sample. Et donc de pouvoir alléger son temps de travail au service du bar TGV de la ligne Montpellier-Paris... Et aussi de s’aménager un atelier.

Car, pour l’instant, Philomène ouvrage dans une mansarde. Dont un mur est consacré à sa demeure de poupées. Des pièces de Lilliputiennes aménagées "comme si c’était la maison idéale ; grande, lumineuse et ultra-meublée". Installées sur le lit du premier étage, le canapé du troisième ou la chaise de la salle à manger, les cinq Blythe de Philomène semblent affairées.

Modifications radicales

Mis à part sa première poupée, dont la Montpelliéraine "n’a changé que la couleur des pupilles, les quatre autres, dont deux achetées en pièces détachées, ont subi des modifications radicales". Chevelure noire d’alpaga cousue touffe à touffe ; maquillage personnalisé au pastel ; jambes et bras qui se plient... À touches précises, Philomène a doté chacune d’une personnalité.

Quand elle n’est pas à l’œuvre pour Blythe, Philomène s’accorde des récréations en peinture sur tableau, création de sacs pour humains et poupées de chiffon. Qu’elle vend aussi en ligne, dans une boutique parisienne et en privée. Mais là, c’est "juste pour le plaisir. En accessoire pur, la concurrence est trop rude", s’amuse celle qui se sent bien dans la niche des Blythe.

Elle Magazine / Juin 2011

Elle magazine, juin 2011
Elle magazine, juin 2011

Vidéo Expo Lola par Athmos

Lola Sample dans Label 228

Label 228 book
A street art project


Find me in ;)

 

Article LOLA SAMPLE de Jean-Michel COLLET, journaliste de L'Indépendant

Article LOLA SAMPLE de Jean-Michel COLLET, journaliste de L'Indépendant

La galerie 49 continue de présenter la nouvelle création et pour cette fin d'année elle expose le travail de la plasticienne montpelliéraine Lola Sample. A voir jusqu'au 19 décembre.

Encore une nouveauté pour les amateurs de création contemporaine. Après le street art, c'est une démarche dans le sillage d'Annette Messager qui nous est proposé de découvrir. Lola Sample découpe, dissèque, recoud, assemble des peluches, des tissus de récupération afin de fabriquer des créatures uniques : les dolls. Un recyclage artistique qui l'amène à une sorte de "réincarnation ludique", offrant à ces objets, à ces jouets une seconde vie. Ces étranges poupées, troublantes, attachantes ont toutes leur personnalité propre. Chaque doll est numérotée, porte un nom et possède son certificat d'authenticité où l'artiste indique l'âge, le sexe, l'identité et les signes particuliers. Lola Sample prolonge ce travail plastique par la peinture ou la photographie, mettant en scène certains de ses personnages dans un univers singulier entre rêves et cauchemars. La jeune femme maîtrise parfaitement l'art du décalage, du détail, de l'assemblage, du montage qui provoque le regard et déstabilise nos confortables repères. Toutes nos références au jouet, à la peluche ou à la poupée, à ce monde inoffensif et serein, sont troublées. Lola Sample, avec ces créatures fantasques, nous invite aussi à réfléchir aux possibles que permettront la génétique et autres technologies des apprentis sorciers. Au 49 de la rue Arago à Perpignan. 06 11 25 20 69 www.myspace.com/galerie49

J.M.C.

Lola par Cédric Bieth, Galerie 49

LOLA SAMPLE

"Jean-Marc et ses Amis"

Lors de la préparation de cette exposition, Lola Sample me confiait qu'elle était très heureuse à l'iée de pouvoir présenter en un même lieu ces Dolls, ces peintures et une petite série de photographies. En effet, l'essentiel de son travail prend source dans la création de ses poupées mais c'est par leur mise en scène picturale ou photographique que leur univers peut se déployer. Alors, que nous racontent ces fameuses poupées? Plus que dans l'inspiration générationnelle des mangas acidulés et toys dérivés des années 80 de notre enfance, elles s'inscrivent surtout dans une certaine tradition artisanale de la poupée de chiffon, de nos doudous, peluches usés jusqu'à la corde et autres "amis" de la petite enfance. Et c'est là que Lola opère un savant twist pour les sortir de leur condition décorative ou uniquement déclencheuse de nostalgie pour les adultes. En offrant ces poupées à nos regards, elle réactive ces pulsions créatrices/destructrices qui nous habitent avec force durant l'enfance : qui n'a jamais arraché l'oeil de nounours quitte à le préférer pendouillant à un fil, amputé un autre lors d'une crise, eu envie de les rafistoler, écrire ou peindre dessus bien avant de connaître le mot "customiser"! C'est donc ainsi que Lola donne vie à ses "créatures", ses Frankenstein de tissu. Elle ampute, elle greffe, elle commence parfois in-vitro en partant d'un simple tissu chiné, et surtout elle leur donne cette originalité qui en font des personnages à part entière. Elles peuvent alors commencer à se balader dans les tableaux de l'artiste ou à faire un tour dans la ville et en ramener des photos de vacance : sur le manège, dans le parc, assises au soleil... Dans sa peinture de facture naïve et aux résonances enfantines, Lola nous offre aussi plusieurs niveaux de lecture. Dans Tradition, la doll Jean-Bob Yellow pose fièrement sous un trophée de chasse qui n'est autre qu'une blonde aux yeux bleus dont le bras comme fraîchement découpé gis au sol. Une autre petite blondinette la jupe presque trop relevée caresse le personnage/peluche Myki Moon pendant qu'un cochon ailé qui donne son titre à la toile (Le Cochon Volant) renifle un champignon. Une fillette tient un fouet dans son dos alors qu'une doll longiligne essaye d'appâter une petite grenouille avec un bonbon. Tous ces télescopages entre mondes de l'enfance et des adultes donnent tout son impact et sa valeur au travail de l'artiste et se retrouvent synthétisés dans l'une des pièce importante de l'exposition, le Mobile à Mort, lequel fait tourner autour d'une tête de mort en vinyle un ensemble en parfaite harmonie de petites pièces plastiques(squelette, mouche, licorne, dé...) ou en tissu (formes féminines et masculines) à haute teneur symbolique : une étrange vanité à installer au dessus de notre lit d'adulte afin d'appréhender la Fin?

__ Cédric Bieth, Galerie 49__